L’Afrique du Sud dans tous ses etats : Destination: l’Afrique du Sud

Peut-être que toute cette histoire a vraiment commencé par un voyage à Lisbonne, lorsque j’avais entraîné mon assistant habituel dans l’exploration de la Tour de Belém, imposant édifice à l’architecture vénitienne qui marque la sortie du port et lieu de passage obligé des navigateurs portugais en route pour les destinations les plus lointaines : les Indes, la Chine, le Brésil ou l’Afrique. Certes, les hardis navigateurs portugais ont déserté le port de Lisbonne depuis bien longtemps et leurs caravelles – ou leur copie conforme – profitent d’une retraite méritée dans les musées de la Marine du monde entier…mais la Tour, elle, est toujours là et les vaguelettes du Tage continuent à clapoter contre ses épaisses murailles, telles une pressante invitation à partir sur les traces de Magellan, de Vasco de Gama ou de Bartolomeo Diaz, pour doubler le Cap de Bonne Espérance, remonter la côte africaine jusqu’au Mozambique… ou aller plus loin encore.

Destination: l’Afrique du Sud

Typiquement le genre de rêve qu’il faut laisser mûrir tranquillement, exactement comme du bon vin qu’on met en cave en attendant le moment propice pour le boire…puis, le moment venu, se décider à transformer le rêve en projet et finalement passer à l’acte pour de bon en poussant la porte d’une agence de voyages après avoir, cela va de soi, tenté de surmonter – au moins dans sa tête – tous les obstacles apparemment infranchissables qu’une telle expédition laisse supposer. Dans mon cas, ils se résumaient essentiellement à un seul, mais de taille: ma phobie ridicule des serpents en particulier et de tous les reptiles en général.

J’ai bien cru que l’employé de l’agence allait avaler son dentier de saisissement en entendant ma première question, celle que j’ai posée avant même de m’asseoir en face de lui: ” Monsieur, est-ce que je risque de tomber nez à nez avec un serpent”? “Mais Madame… vous serez en Afrique du Sud”, façon polie de me dire qu’à partir du moment où je posais le pied dans ce pays, les serpents faisaient obligatoirement partie du voyage et que j’en verrais peut-être même plusieurs fois par jour… allez savoir.

Oui, bien sûr.
…Tout à coup, suivre les traces des hardis navigateurs portugais me paraissait beaucoup moins indispensable… Malgré mes rêves de conquête et malgré le souvenir plein de magie de la Tour de Belém et des vaguelettes du Tage qui clapotent contre ses épaisses murailles…

Restait quand même une solution, à prendre ou à laisser. Partir au mois de Juin, en plein hiver austral car alors, les serpents bien élevés dorment, ce qui garantit une relative tranquillité d’esprit. Naturellement, à cette époque de l’année, les jours sont plus courts. Naturellement aussi, il fait froid, on risque d’avoir de la pluie et surtout, la nature n’est pas aussi belle qu’en été. Et alors?

…En guise de viatique, j’emportais deux recommandations. Celle, commerciale, de l’employé de l’agence de voyage enfin revenu de son étonnement:”Acceptez de vous laisser surprendre par ce pays exceptionnel”. La deuxième, plus sensible, me venait d’une amie : “N’oublie pas que ce pays a beaucoup souffert”. J’emportais un bien plus précieux encore. Une promesse. Celle d’une autre amie qui, juste avant mon départ, allait marabouter tous les serpents de la Terre, et ceux d’Afrique en particulier, pour qu’ils me fichent la paix. Comme c’est bon d’avoir de vraies amies.

Munie de ces deux précieux conseils et cette promesse qui vaut toutes les garanties du monde, ainsi que de plusieurs vaccins, d’une tonne de médicaments, antibiotiques et autres traitements, il ne me restait plus qu’à partir vers de nouvelles et inédites aventures, après avoir, cela va de soi, laissé mon assistant boucler ma valise et la sienne. Et à croiser les doigts pour éviter les mauvaises rencontres.

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