En Afrique du Sud Le lac de Santa Lucia

Hluhlulewe n’est pas très loin de l’Océan Indien et particulièrement de la petite ville de Santa Lucia: une cinquantaine de kilomètres, tout au plus, par une route toute droite qui traverse d’immenses forêts plantées d’eucalyptus: le climat tropical humide de la région est idéal pour de tels arbres. Santa Lucia se trouve sur l’estuaire de la rivière Umfolozi, laquelle avant de se jeter dans l’océan, traverse une mangrove particulièrement riche en faune et en flore de toutes sortes. Une promenade en bateau à fond plat serait l’occasion idéale de voir de près à quoi ressemble cet écosystème fragile et menacé. Aussi tôt dit, aussitôt fait.

Le lac de Santa Lucia

Le bateau à fond plat n’attendait plus que nous pour partir. Sept ou huit autres passagers et les membres d’équipage: une barmaid/contrôleuse au diamètre au moins aussi impressionnant que celui d’Evidence, et un capitaine, Steve. Casquette de skipper vissée sur le crâne, cheveux grisonnants et retenus en queue de cheval, yeux clairs, visage émacié, teint rubicond, une cinquantaine d’années. Steve est européen, mais après avoir découvert la mangrove de Santa Lucia, il n’a plus jamais eu envie d’aller ailleurs et il s’est installé là, promenant les touristes auxquels il fait partager sa passion pour ce site à la beauté fragile.

Pendant plus de deux heures, Steve va remonter le large estuaire en s’approchant aussi près du rivage qu’il le pourra, à la recherche d’ibis rouges, de marabouts, de hérons, d’aigles pêcheurs, de vautours…et surtout de crocodiles et d’hippopotames.

Tout en ajustant son téléobjectif, mon assistant n’a pu retenir un “merde” puissant et sonore, dévoilant par là même notre nationalité. Ah! Des Français…Steve ne parle pas français, il s’en excuse, le commentaire sera en anglais. Néanmoins, il va mettre un point d’honneur à nommer tous les oiseaux qu’il nous montrera en anglais et en français. Respect.

Une mère d’environ 8 mètres de long regarde d’un air apparemment indifférent le bateau qui s’approche du rivage, tandis que son jeune continue de dormir – ou de faire semblant. Malgré leur air bienveillant, on n’a pas vraiment envie de faire connaissance avec leurs 68 dents disposées de telle sorte que leur mâchoire est un véritable étau ne laissant aucune chance aux proies de s’échapper. De toutes les façons, leur allure et l’odeur putride qu’ils dégagent ne donnent pas très envie de les approcher à moins de 5 mètres. Selon Steve, les crocodiles de la mangrove peuvent vivre une cinquantaine d’années. A cet âge, ils atteignent généralement les 3 tonnes. Conclusion: comme j’atteins cet âge respectable et que je suis encore loin de peser un tel poids, je ne suis pas un crocodile. Une certitude qui en vaut bien une autre.

Le bateau poursuit tranquillement sa remontée de la mangrove, et parvient bientôt sur le territoire des hippopotames. Plusieurs troupeaux sont en train de se baigner dans les eaux boueuses de la rivière Umfolozi, sous l’œil vigilant de la plus vieille femelle. Les hippopotames, les tueurs d’homme. Sous leur apparence paisible, ces bêtes sont en réalité belliqueuses et il est fréquent qu’elles s’attaquent aux imprudents qui s’approchent trop près. Et Steve de préciser qu’en Afrique, les hippopotames tuent plus de 400 personnes tous les ans. Plus que les lions, les tigres ou les serpents. En plus, comme ils sont exclusivement végétariens, ils ne mangent même pas le fruit de leur chasse qu’ils laissent sur le lieu de leurs exploits. Excellente publicité pour une chaîne de restaurants bien connus chez nous.

Lorsque Steve a ramené son bateau et ses clients à bon port, il était presque l’heure de déjeuner. Alors, bien sûr, il a indiqué deux ou trois adresses de restaurants de viandes et de poissons avec qui il partage des intérêts communs. En pure perte en ce qui me concerne. Le spectacle – et surtout l’odeur – des crocodiles m’ont coupé l’appétit. Pour moi, ce sera pizza végétarienne et rien d’autre.

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