Halkidiki

Ce Jeudi commence le grand Cavadee annuel à Maurice. Avant d’être un jour férié pour tous, Cavadee est surtout la fête la plus déstabilisante pour un européen à Maurice.

Cavadee ? Kesako ?

Cavadee est un mot Tamoule. C’est un ensemble de planches qui servent à transporter des charges. Ce rite, d’origine Tamoule, vient d’une légende selon laquelle un homme Idumban est envoyé dans les montagnes par son gourou, pour y ramener le sommet de celles-ci sur un Cavadee. L’homme obéit et part chercher son fardeau. Sur le chemin du retour, le dieu Muruga, transformé en enfant s’amuse à alourdir la charge déjà si lourde d’Idumban. Celui-ci en apercevant l’enfant, ne se doutant pas qu’il puisse s’agir de son dieu se jette sur l’enfant. Le dieu Muruga le transperce alors de sa lance.

Le gourou de notre homme et ses fidèles, attristés par cette aventure, prient avec insistance pour demander la grâce d’Idumban. Celle-ci est accordée et notre aventurier ressuscité.

Cette légende rappelle la difficulté de la foi. Aujourd’hui, plusieurs fois dans l’année, des fidèles organisent des Cavadee pour prouver leur foi. Celui qui à lieu cette semaine est le plus grand de tous : Thaipoosam Cavadee.

Comment ça se passe ?

La cérémonie commence par un jeûne de 10 jours, où le fidèle purifie son corps et son âme. Pendant ce temps, il prie et se confectionne son cavadee, avec des planches, des branches, des plumes, des fleurs et des tissus. Commence alors le pèlerinage. Pendant trois jours, les fidèles, fuchsia le plus souvent, s’enduisent le corps de cendres et marchent pieds nus en transportant leur fardeau sur toute l’île.
Les fidèles font voeu de silence et pour le symboliser, certains s’enfoncent une large aiguille en travers des joues ou de la langue. Ils s’enfoncent bien souvent des dizaines d’aiguilles dans la poitrine et dans le dos, ou même des crochets de boucher.

Partout se forment alors des processions pour encourager les pénitents. Ceux qui ne portent pas cette année le cavedee escortent les pénitents avec les ravannes et la musique pour  les aider à traverser l’épreuve. Ils les désaltèrent, leurs arrosent les pieds…. Dans tout le pays, les groupes défilent ainsi, avec leurs cortèges de transes et d’offrandes tout au long du chemin.

A savoir

Pendant cette période, faites très attention sur les routes, les cortèges sont partout, y compris sur l’autoroute. Ils sont à pied, parfois même de nuit. C’est extrêmement dangereux. Les fidèles font des offrandes de noix de coco, de fleurs et de fruits, bien souvent au milieu des carrefours.

Attention à ne pas marcher ou rouler dessus, c’est un symbole religieux important.

Enfin, cette épreuve est très difficile pour les pénitents et ceux qui les accompagnent en sont conscients. Ils les défendent donc contre tous problèmes. Les esprits sont échauffés (jusqu’à la transe) donc ne gêner pas les marcheurs, ne passez pas trop près d’eux avec votre voiture, ne klaxonnez pas ! Les réactions risquent d’être violentes et tous sont équipés de sabre pour couper les noix de coco…

Où aller ?

Partout dans l’île vous verrez ces processions. Evidemment, c’est dans les lieux où on trouve le plus de Tamouls que le spectacle est le plus impressionnant. Allez donc sur Quatre-Bornes ou Port Louis.
Si vous avez le courage, montez jusqu’à Triolet, c’est là que les défilés sont le plus impressionnant.

Vous pouvez prendre des photos, mais restez loin des marcheurs. Gardez un maximum de respect pour l’épreuve qu’ils sont en train de subir.

Enfin, cette marche est impressionnante à voir et aide à comprendre le décalage entre les religions du livre et les religions Hindouiste, mais c’est assez choquant.

N’amenez pas les enfants en bas âge. Ils en verront bien assez dans la rue, attendez qu’ils soient en âge de comprendre un peu plus

Bonne fête à tous !

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