empire inca

La semaine dernière à été annoncée la fermeture d’une très grosse entreprise de l’Ile Maurice. Infinity BPO est l’une des nombreuses sociétés en difficulté cette année. J’ai moi-même été licencié il y a peu, car ma boite à fermé… pour des raisons assez similaires.

Comment ouvrir une entreprise à L’ile MAurice

Bien sûr, chaque entreprise est différente et passer certains caps s’avère toujours difficile. Il est également plus facile de juger que d’entreprendre. Toutefois, de nombreuses entreprises commettent les mêmes erreurs dans le contexte Mauricien. Infinity en a fait plusieurs, mon ex entreprise également et d’autres prennent le même chemin.

Voici donc les quelques conseils que mon expérience me dicte.

  1. Ne recrutez pas des Français à tout prix
    Il est normal d’être plus rassuré quand un Français est à la tête de votre entreprise ou d’un de ses pôles. Mais sa nationalité ne le rend pas « naturellement compétent ».
    Beaucoup de Français n’ayant aucun savoir faire de management, ou de gestion d’entreprise sont à la tête de structures importantes à Maurice, juste par ce qu’ils ont été Français dans l’entreprise au bon moment.
    Avant de pester sur les lacunes du savoir-faire mauricien, pensez qu’il est possible que les leaders de l’entreprise n’aient pas compris les contraintes ou la culture locale, ou même que leur promotion a pu être précipitée.
    Il y a beaucoup de très bons managers mauriciens, il vaut souvent mieux payer cher un Mauricien capable, plutot qu’un Français qui n’est pas au niveau.
  2. Ne sous-estimez pas les contraintes de recrutement
    Maurice est un marché difficile pour les RH. Beaucoup de demandes et peu de personnes qualifiées. Il faut donc miser beaucoup sur la formation, (enfin les formations qui donnent des résultats) et ne pas sous-payer les employés. Ils n’auront aucun mal à trouver un concurrent qui paie mieux.
  3. Ne tirez pas trop sur la corde.
    Le but de l’outsourcing est évidemment d’économiser de l’argent.
    Mais n’espérez pas diviser vos coûts de production par 4.
    Non, un bon employé ne coûte plus 300€ par mois. Même dans les centres d’appel ce prix est trop bas.
    Les personnes performantes coûtent plus cher qu’on ne le pense. Un bon développeur coûte environ 1 000 € et un bon manager peut coûter jusqu’à 2 500 €.
    Mais rappelez-vous du coût de son homologue français et du peu de charges que vous dépensez sur les salaires… le calcul est très vite intéressant.
  4. Ne sous-estimez pas les problèmes de communication liés à la distance.
    Il faut énormément travailler sur les process de communication entre les entités. Les problèmes qui se posent entre différentes filiales situées en France est déjà important. Avec une filiale mauricienne, ces problèmes sont multipliés.
    Pensez que les employés auront plus de mal à se sentir appartenir à une entreprise qui se trouve à des milliers de kilomètres dans un pays ou il n’a jamais mis les pieds. Il aura donc tendance à être beaucoup moins impliqué dans les résultats de l’entreprise.
  5. N’essayez pas de tout gérer à distance
    Le problème est lié au point précédent, mais aussi à la culture.
    A Maurice, il faut des managers de proximité, il faut un directeur et éventuellement des chefs de projets.
    Sans une hiérarchie précise et un découpage des tâches efficace, vous courez à votre perte.
  6. N’oubliez pas les problèmes de langue.
    En réalité, beaucoup de Mauriciens parlent peu ou mal le français. Ils ont des expressions propres et ne comprendront pas forcément les vôtres.
    Les termes techniques sont tous en anglais sur l’île, donc pensez-y quand vous faites des documents ou des présentations.
    N’oubliez pas vous aussi que l’anglais sera important si vous gérez de l’administratif. Ne vous lancez pas si vous ne parlez pas un mot de la langue de Shakespeare.
  7. Ne vous laissez pas séduire par les vices de la loi mauricienne.
    Sur l’île, la loi est très permissive pour les employeurs. N’oubliez pas que les employés sont des être humains qui se démotiveront vite si vous cherchez à économiser sur tout.
    A l’inverse, offrir une bonne couverture maladie, ne pas bloquer les congés ou imposer toutes les heures supplémentaires possibles, vous donnera un gros avantage par rapport à vos concurrents. Rappelez-vous toujours que vous aurez du mal à trouver des « bons ».
  8. N’accusez pas Maurice de tout.
    Quand un problème se pose, on a souvent tendance à l’imputer aux défauts de l’île. L’île a beaucoup de défauts avec lesquelles il faudra jouer, c’est certain. Mais avant tout, il faut faire son introspection.
    Est-ce que je fournis à la filiale les moyens de travailler convenablement ? Est-ce que la communication passe bien. Est-ce que mes équipes chargées de faire l’interface entre la France et Maurice s’y prennent comme il faut.
    Ces points sont TRES souvent oubliés et concourent à la disparition de beaucoup d’entreprises.
  9. N’oubliez pas les transports
    Nous sommes peu nombreux sur l’île à avoir les moyens de posséder une voiture. Les transports en bus sont compliqués, aléatoires, se terminent tôt et peuvent même s’avérer dangereux. Après 18h, la moitié de vos employés, au moins, ne pourra rentrer qu’en taxi.
    Ca explique donc des départs précipités à 17h45. Ne les blâmez pas trop avant d’avoir, vous-même, fait de longs trajets en bus à 18h.
    Couplez ça au décalage horaire et vous ne partagez plus que des demi journées de travail avec votre équipe.
  10. Enfin, et surtout, n’accordez pas trop d’importance aux brochures officielles. Maurice n’est pas un pays où tout le monde est bilingue, où le niveau de formation est très élevé. Ca n’est malheureusement pas encore le cas.

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