Notre-Dame de Laon à découvrir en Picarcie

Il a fallu moins de cinquante ans (1155 à 1235) pour construire la cathédrale de Laon sous les ordres de Mgr Gautier de Mortagne. L’église se dresse sur la butte surplombant Laon, où se trouvait autrefois un bâtiment endommagé lors du soulèvement de Laon en 1112.

Notre-Dame de Laon

Notre Dame de Laon, construite à la même époque que son homologue parisienne, présente un style dans lequel convergent différents courants d’influence anglo-normande, comme on peut le voir dans le requin ou dans les cinq tours avec une verticalité parfaite.  En principe, il était prévu qu’il y aurait sept tours (l’une d’entre elles avec un clocher détruit pendant la Révolution), bien que l’absence de deux d’entre elles, comme prévu initialement, ne modifie pas cette œuvre d’art du gothique primitif dont la façade est la première dont la façade est enregistrée comme entièrement gothique, cette église est à découvrir lors d’un voyage en Picardie.

Bien que l’ensemble du bâtiment soit digne d’intérêt, certaines structures architecturales particulières peuvent être mises en valeur, comme les portails des trois grands portiques de la façade, la nef ou la rosace. Chacun des trois portails ornés de sculptures et de voussoirs illustre une scène de la Bible : celui de droite représente le Jugement Dernier, celui du centre, la Glorification de Marie, et celui de gauche, la Nativité.

À l’intérieur, vous pouvez découvrir l’ampleur de la nef avec une hauteur de quatre étages, dont les grands arcs, soutenus par d’épais piliers de style romain qui s’ouvrent sur de larges collatéraux, la tribune, le triforium et les hautes fenêtres correspondent au style de l’art gothique primitif. Ce navire est composé de dix traverses, divisées en quatre parties comme à Noyon, qui mènent au transept, qui relie le chœur et le navire par une élévation de quatre étages.

La rosace nord est l’une des premières de l’art gothique et a été conçue par des ouvertures dans le mur. Le motif central est la Sagesse entourée de 8 vitraux représentant les 7 arts libéraux et la médecine, arts qui ont été enseignés à l’école épiscopale de Laon au Moyen Âge. Les vitraux de la rosace occidentale illustrent une scène du Jugement dernier, tandis que ceux de l’autel sont divisés en trois fenêtres. Au centre est représentée la Passion du Christ, à droite, la Vie de la Vierge et l’Enfance du Christ et à gauche les Histoires de Saint Etienne et Théophile.  Ces trois vitraux sont accompagnés d’une rosette représentant la Vierge et l’enfant entre Saint Jean-Baptiste et Isaïe au centre, les 12 apôtres dans le premier cercle et 24 anciens de l’Apocalypse dans le dernier cercle.

Outre le travail impressionnant de toutes ces surfaces, il faut noter que 80% de ces cristaux et leurs motifs sont les originaux (de 1120 à 1190) et sont caractéristiques du style 1200.
Sous ces vitraux, on peut voir les stalles du chœur, l’un des rares exemples de ce genre en France.  Mais ce qui est le plus impressionnant en entrant dans cette cathédrale, ce sont ses dimensions : 110 mètres de long (le transept mesure 45), 31 mètres de large et 24 mètres de haut sous les voûtes. Le sens de l’énormité est tel que la croisière donne l’impression d’être une seconde église au sein de la première, comme s’il s’agissait d’une poupée russe.

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